La protection
du territoire agricole :
une nécessité

La nécessité de protéger le territoire agricole, en raison de l’effet de l’étalement incontrôlé de l’urbanisation et de la spéculation foncière, a sans doute émergé de la situation particulière qu’a connu la grande région de Montréal au cours des années soixante et soixante-dix. On se rappellera, sans doute, du boum économique vécu par cette région dans le sillon de la présentation de l’Exposition universelle de 1967 et de l’organisation des Jeux olympiques de Montréal en 1976. Cette croissance rapide et soutenue du développement urbain a été sans précédent et ce dans un contexte où les outils de planification de l’aménagement du territoire étaient peu nombreux et développés à l’échelle locale sans véritable vue d’ensemble de la région.

Plusieurs études, réalisées au début et au milieu des années soixante-dix, sonnaient l’alarme sur les effets majeurs de l’absence de planification de l’urbanisation sur les terres agricoles de haute qualité de la grande région de Montréal. Une étude, produite par le ministère des Affaires municipales en 1977, concluait que l’urbanisation dans la région de Montréal entre 1964 et 1975 avait entraîné la perte de plus de 20 000 hectares de sols à haut potentiel pour l’agriculture. Outre l’absorption directe de sol pour l’urbanisation, l’étude mettait en lumière l’effet de déstructuration du tissu agricole découlant de l’éparpillement des usages non agricoles sur le territoire. On y déplorait l’absence d’une planification à l’échelle régionale en matière d’aménagement.

Bref, la région de Montréal a, sans aucun doute, été à l’origine du mouvement prônant la protection du territoire agricole vu l’intensité du phénomène d’étalement de son urbanisation et du phénomène de déstructuration de son tissu agricole.

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Rapport annuel de gestion 2003-2004 | Document complémentaire